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La spécialisation outrancière des coureurs est-elle définitivement révolue ? Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle époque ou n’est-ce qu’un rêve ?

Les années (de plomb) 1990-2000

Bernard HINAULT a arrêté sa carrière fin 1986 en laissant son empreinte dans le grand livre de l’histoire du cyclisme. Son départ à la retraite a laissé un grand vide dans le cœur des passionnés. S’annonçait alors la fin de l’âge des géants (COPPI, ANQUETIL, MERCKX, HINAULT).

Cette race de seigneurs s’est éteinte en nous laissant orphelins de son panache, de son emprise sur la course, de sa présence sur toute la saison et de sa capacité à remporter toutes les courses ou presque. Leurs palmarès éloquents témoignent d’une suprématie sur le peloton qu’on ne retrouva pas auprès de leurs successeurs.

Les années 1990-2000 ont vu de beaux et grands champions dominer dans leur disciplines respectives, sur leur courses de prédilection et à un moment donné de la saison.

C’était l’heure de l’ultra spécialisation.

INDURAIN puis ARMSTRONG ont archi dominé le tour de France à l’apogée de leur carrière. Mais qui les a vus participer à la classique HARIBO en février ou au tour de Lombardie en octobre ?

Un sprinteur démarrait sa jeune carrière par des victoires d’étapes sur les grands tours (MUSEEUW en est l’archétype) pour finir spécialiste de classique quand leur pointe de vitesse ne suffisait plus pour gagner.

Un coureur de classiques flamandes (VAN PETEGEM, TCHMIL) ne vivait que pour les 8 jours flahutes (cf l’article « Classiques, acte 2 : les flandriennes). Le reste de la saison ne servait qu’à s’entretenir musculairement. A ce rythme, ils ont pu faire de longues carrières au-delà des 35 ans.

Mais désormais la génération actuelle paraît ne pas vouloir suivre les traces de la spécialisation de leurs ainés.

Une nouvelle génération ?

Depuis la 1ère vraie retraite d’ARMSTRONG en 2005, on assiste à l’éclosion de coureurs dominant une spécialité mais voulant remporter de grandes courses.

C’est le cas de CANCELLARA, le meilleur rouleur du monde actuel qui a déjà remporté à moins de 30 ans Paris Roubaix et Milan San Remo. Il est suffisamment en forme en juillet sur le tour de France pour y gagner des étapes.

CONTADOR avant de remporter le Tour en 2007 a remporté en mars de la même année Paris-Nice. Il récidive l’an passé sur le Tour de Castille et Léon avant de gagner en mai le Giro et en septembre la Vuelta.

Luis Léon Sanchez, le meilleur espagnol de ce début de saison a déjà remporté le Tour méditerranéen en février et une étape du Tour.

Idem pour VALVERDE, DI LUCA, CHAVANEL, CUNEGO et les inusables VOIGT et REBELLIN capables de gagner des classiques et des courses à étapes dans la même saison.

CAVENDISH, jeune et talentueux sprinteur sait gagner sur la piste et sur la route des sprints massifs après 150 ou 300 kms de course.

Alors changement d’époque, de méthode d’entrainement ou de vision de la saison ?

La vérité est probablement un peu dans chaque dans chaque domaine pour notre plus grand bonheur.

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